L’horrible été du Méliès !

Epouvante, horreur, thriller, chaque samedi soir cet été, venez frissonner au Méliès devant un film à (re)découvrir !

Opéra
Italie – 1987 – 1h47 – VO – Inédit en salles
de Dario Argento avec Cristina Marsillach, Ian Charleson
– Interdit aux moins de 12 ans –
Une grande cantatrice doit interpréter Lady Macbeth dans une originale adaptation de la pièce d’opéra de Verdi. Hors elle n’apprécie pas les choix artistiques de Marco, le metteur en scène. Elle part furieuse des répétitions et se fait renverser par une voiture. Pour la remplacer est choisie la jeune Betty, qui fait un triomphe. Malheureusement, son succès rappelle de sombres souvenirs à un fan dérangé et anciennement proche d’elle qui va aller la rejoindre…
Opéra est un temple ténébreux au genre, un monument dans la carrière d’Argento qui achevait en paroxysme près de vingt ans de fulgurances artistiques, au cœur d’un thriller ultra-violent où le réalisateur se surpassait dans la démesure. Avant d’être une histoire de giallo classique, Opéra se bâtit comme une œuvre visionnaire et maudite, avec, sa Lady Macbeth se mouvant dans des décors époustouflants, et son mélange des arts sur fond d’opéra de Verdi. L’histoire serait presque secondaire si l’intrigue en forme de mise en abîme astucieuse n’était pas, elle aussi, terriblement prenante, angoissante, et farouchement efficace.
Frédéric Mignard, A voir, à lire

  • Séance de Opéra (en VOSTF) :
    Samedi 28 juillet à 21h00

Les Bonnes Manières
Brésil/France – 2018 – 2h16 – VO
de Juliana Rojas et Marco Dutra avec Isabél Zuaa, Marjorie Estiano, Eduardo Gomes
– Interdit aux moins de 12 ans –
Clara, une infirmière solitaire de la banlieue de São Paulo, est engagée par la riche et mystérieuse Ana comme la nounou de son enfant à naître. Alors que les deux femmes se rapprochent petit à petit, la future mère est prise de crises de somnambulisme…
Un film d’horreur, une romance, une comédie musicale et une parabole sociale en un seul film. Le résultat est souvent fascinant, d’abord parce qu’en un clin d’œil le film passe de la beauté à l’émotion à la surprise à l’excitation ; mais aussi parce qu’on suit, happé, sans se poser de question, cette étrange rêverie, comme lors de cette scène superbe où Clara suit Ana en plein somnambulisme, évoquant le souvenir spectral et envoûtant du Vaudou de Jacques Tourneur.
Nicolas Bardot, Film de culte

  • Séance de Les Bonnes Manières (en VOSTF) :
    Samedi 4 août à 21h00

Le Silence des Agneaux
USA – 1991 – 1h58 – VO
de Jonathan Demme avec Jodie Foster, Anthony Hopkins
– Interdit aux moins de 16 ans –
Un psychopathe connu sous le nom de Buffalo Bill sème la terreur dans le Middle West en kidnappant et en assassinant de jeunes femmes. Clarice Starling, une jeune agent du FBI, est chargée d’interroger l’ex-psychiatre Hannibal Lecter. Psychopathe redoutablement intelligent et porté sur le cannibalisme, Lecter est capable de lui fournir des informations concernant Buffalo Bill ainsi que son portrait psychologique. Mais il n’accepte de l’aider qu’en échange d’informations sur la vie privée de la jeune femme. Entre eux s’établit un lien de fascination et de répulsion.
Un des plus brillants thrillers jamais réalisé, une œuvre construite sur la ruse et la manipulation et où le pire est toujours possible. Un grand film.
Philippe Rouyer, Positif

  • Séance de Le Silence des Agneaux (en VOSTF) :
    Samedi 11 août à 20h45

Hérédité
USA – 2018 – 2h06 – VO
de Ari Aster avec Toni Collette, Gabriel Byrne, Alex Wolff
– Interdit aux moins de 12 ans –
Lorsque Ellen, matriarche de la famille Graham, décède, sa famille découvre des secrets de plus en plus terrifiants sur sa lignée. Une hérédité sinistre à laquelle il semble impossible d’échapper.
Pour son premier long métrage, Ari Aster, réalisateur et scénariste, dévoile une vision unique, transformant une tragédie familiale en cauchemar éveillé. Culte, déjà ? Ce film d’horreur réalisé par un jeune cinéaste américain est comparé rien de moins qu’à L’Exorciste (1973). Et c’est mérité. L’intelligence conduit à l’efficacité dans ce drame intimiste tout en tensions. En utilisant, comme toile de fond de l’angoisse, la période du deuil, sensible, voire sacrée, le réalisateur donne une vérité troublante à son film. Hérédité relève d’un cinéma monstrueux et déviant, de ceux qui font date. Terreur psychologique et graphique garantie.

  • Séance de Hérédité (en VOSTF) :
    Samedi 18 août à 20h45
  • Mercredi 15 août à 20h30


Le Voyeur
Grande-Bretagne – 1960 – 1h41 – VO
de Michael Powell avec Karlheinz Böhm, Moira Shearer
Mark Lewis est un jeune homme mystérieux obsédé depuis son enfance par l’image. Officiellement, premier assistant opérateur dans un studio de cinéma, Lewis s’occupe de faire le point sur la caméra, il fait passer un corps ou un visage du flou au net pour en révéler la vérité. Mais secrètement, Mark s’adonne à une expérience macabre : il rôde dans la nuit londonienne, la caméra au poing et traque la peur de la mort dans le visage de jeunes femmes.
Mark Lewis, l’homme caméra, voyeur et criminel, est resté l’enfant triste et terrorisé que son père, biologiste en manque de cobayes, a fait de lui, selon une ténébreuse généalogie du malheur. La jeune voisine qui cherche à le guérir de sa mélancolie et à l’attirer vers le monde des vivants en sera pour ses frais. Quel autre film d’épouvante peut se prévaloir d’abriter non seulement une réflexion sur la fabrication et la consommation des images, mais aussi un bouleversant mélo ?
Louis Guichard, Télérama

« J’ai toujours pensé qu’avec ‘Le Voyeur’ et ‘Huit et demi’ de Fellini, tout ce qu’on pouvait dire sur le cinéma était dit, sur le processus cinématographique, sur son objectivité et sa subjectivité et sur la confusion qui règne entre les deux. »
Martin Scorsese

  • Séance de Le Voyeur (en VOSTF) :
    Samedi 25 août à 20h30

La nuit a dévoré le monde
France – 2018 – 1h34
de Dominique Rocher avec Anders Danielsen Lie, Golshifteh Farahani, Denis Lavant
Il a frôlé l’horreur. Pendant que les autres faisaient la fête, il s’est enfermé dans une chambre et s’y est endormi. Au matin, il découvre l’appartement dévasté, couvert de traces de sang. Les zombies ont pris Paris et lui n’a plus qu’à se barricader…
Curieusement, on y croit. Sans doute parce que, dans cet étonnant film d’un jeune réalisateur français, l’étrangeté ne vient pas seulement des morts-vivants, mais aussi du survivant…
Très réussi, ce personnage sorti du roman éponyme de Martin Page contamine l’univers apocalyptique du film, le transforme en terrain de réflexion. […] Peur de l’Autre et besoin, malgré tout, d’un contact humain, endurcissement guerrier qui n’empêche pas l’espoir innocent d’un miracle : les idées fusent dans ces scènes conçues comme des fables. Mais l’urgence n’est jamais loin, l’effroi menace pour de bon.
Frédéric Strauss, Télérama

  • Séance de La nuit a dévoré le monde (en VF) :
    Samedi 1er septembre à 21h10