Rétrospective Rainer Werner Fassbinder

Né à Munich en 1945, R.W. Fassbinder grandit seul avec sa mère dans l’Allemagne d’après-guerre. Bien que passionné de cinéma, il s’intéresse d’abord au théâtre et fonde sa propre compagnie, l’Anti Teater, après une première expérience infructueuse. C’est avec cette troupe qu’il réalise ses deux premiers films en 1969. Dans les années 1970, il alterne frénétiquement les productions pour le cinéma, le théâtre et la télévision. De 1978 à 1982, il tourne les films qui connaissent le plus grand succès : Le Mariage de Maria Braun en 1978, Lola, une femme allemande en 1981 et Le Secret de Veronika Voss en 1982 qui obtient l’Ours d’or au festival de Berlin.

R.W. Fassbinder meurt en 1982 d’une overdose, après avoir réalisé trente-huit films en dix-sept ans. Il laisse un dernier film Querelle, adapté de Jean Genet.
A la fois homme de théâtre et de cinéma, il travaillait sans relâche pour sonder la société allemande d’après-guerre en mettant en lumière les exclus de la société, les ouvriers, les travailleurs immigrés, les homosexuels et les prostituées.


Le Marchand des 4 saisons
RFA – 1971 – 1h28 – VO
avec Hans Hirschmüller, Irm Hermann, Hanna Schygulla.

Dans les années 1950, Hans, ancien policier alcoolique devenu vendeur de fruits et légumes, se voit rejeté par sa famille, emplie de honte à son égard. Une attaque cardiaque l’oblige soudainement à engager un associé…
Un film qui s’impose comme une critique de la société allemande d’après-guerre. C’est avec simplicité que l’atmosphère réaliste prend des airs de tragédie, où l’apitoiement, la violence et la sentimentalité se succèdent et réagissent aux couleurs de chaque scène.

  • Séances de Le Marchand des 4 saisons (en VOSTF) :
    Dimanche 5 août à 20h30
    Lundi 27 août à 21h00

Les Larmes amères de Petra Von Kant
RFA – 1972 – 2h04 – VO
avec Margit Carstensen, Hanna Schygulla, Irm Hermann, Katrin Schaake.

Styliste de mode très réputée, Petra von Kant vit une vie de femme libre et indépendante, assistée de Marlene. Petra tombe folle amoureuse de Karin, une jeune prolétaire dont elle décide de faire son mannequin vedette. La passion se transforme en jalousie maladive…
Fassbinder adapte l’une de ses pièces et conserve le huis-clos théâtral. Dans un décor rempli de dorures et de miroirs clinquants, le cinéaste compose de sublimes et terribles portraits de femmes, comme cette Petra capricieuse, autoritaire et inhumaine. Les Larmes amères de Petra von Kant est l’un des plus brillants mélodrames de son auteur.

  • Séances de Les Larmes amères de Petra Von Kant (en VOSTF) :
    Dimanche 5 août à 20h30
    Lundi 27 août à 21h00

Tous les autres s’appellent Ali
RFA – 1974 – 1h33 – VO
avec Brigitte Mira, El Hedi Ben Salem, Barbara Valentin.

Dans un café fréquenté par des travailleurs immigrés, Emmi, veuve d’une soixantaine d’années, fait la connaissance d’Ali, un Marocain plus jeune qu’elle. Ali s’installe chez elle dès le lendemain, puis ils se marient. Les enfants d’Emmi, ses voisins, ses collègues, tous sont scandalisés par cette union. Le couple est mis à l’écart, mais va vite se révéler indispensable à la communauté…
Un grand film qui dépeint le combat d’un couple face à l’hostilité des autres et aux préjugés. Amoureux de l’œuvre de Douglas Sirk, le cinéaste fait son Tout ce que le ciel permet. Mais il ajoute à l’histoire d’amour transgénérationnelle un élément inattendu, en faisant de l’homme un immigré marocain. S’ensuit une chronique du racisme ordinaire, un portrait cinglant de l’Allemagne d’après-guerre, qui met le doigt sur la petitesse d’esprit et le goût du commérage.

  • Séances de Les Larmes amères de Petra Von Kant (en VOSTF) :
    Dimanche 5 août à 20h30
    Lundi 27 août à 21h00

Effi Briest
RFA – 1974 – 2h21 – VO
avec Hanna Schygulla, Wolfgang Schenck, Ulli Lommel, Karlheinz Böhm.

Alors qu’elle n’est qu’une enfant, Effi épouse le baron Geert von Innstetten, préfet en vue et jadis prétendant malheureux de sa mère. À Kessin, petite station balnéaire de la Baltique, commence sa nouvelle vie de femme mariée, sinistre en dépit des attentions de son mari. Mais la société, très pincée, apprécie peu la jeunesse et la beauté d’Effi…
Adaptation fidèle du roman de Theodor Fontane, Effi Briest est un classique du film de femmes dans la grande veine des mélodrames sirkiens de Fassbinder. Œuvre sur la peur et la soumission, il est aussi très proche de Martha, que le cinéaste réalisa à la même période. Mais il passe des couleurs flamboyantes de Martha au noir et blanc tout en nuances d’Effi Briest.

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    Dimanche 5 août à 20h30
    Lundi 27 août à 21h00

L’Année des 13 lunes
RFA – 1978 – 2h05 – VO
avec Volker Spengler, Ingrid Caven, Gottfried John.

– Interdit aux moins de 16 ans –
Sur les bords du Main, Elvira se fait ruer de coups après s’être fait passer pour un homme auprès d’homosexuels. En piteux état, elle retourne chez elle et se dispute avec son ami. Mais en tentant de vouloir l’empêcher de la quitter, elle se fait renverser par une voiture…
Dans cette descente aux enfers, violente et tissée d’humiliations, le cinéaste fait le deuil de son ami Armin Meier ainsi que de ses différents échecs personnels. Le nihilisme, stigmatisé par la douleur, trouve en ce film un aboutissement d’autant plus marquant qu’il expose toute la cruauté des hommes.

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    Dimanche 5 août à 20h30
    Lundi 27 août à 21h00

Le Mariage de Maria Braun
RFA – 1978 – 2h00 – VO
avec Hanna Schygulla, Klaus Löwitsch, Ivan Desny, Gisela Uhlen.

Parti sur le front russe juste après son mariage, Hermann Braun est porté disparu, tandis que sa femme Maria devient entraîneuse dans un bar pour G.I. Elle y rencontre Bill, un soldat noir dont elle tombe enceinte. Hermann réapparaît et les surprend dans le même lit. Maria tue Bill, mais c’est Hermann qui est incarcéré pour dix ans…
La reconnaissance publique de Fassbinder, en Allemagne et en France, n’arriva que tardivement, à la fin des années 1970, avec son trente-troisième long-métrage, Le Mariage de Maria Braun. C’est aussi le premier volet d’une trilogie sur l’Allemagne des années 1950, celle d’Adenauer, de la reconstruction et du miracle économique. Sommet de la dernière période du cinéaste, Le Mariage de Maria Braun est un hommage magnifique au mélodrame hollywoodien.

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Lola, une femme allemande
RFA – 1981 – 1h55 – VO
avec Mario Adorf, Barbara Sukowa, Armin Mueller-Stahl.

En 1957, von Bohm est nomme directeur des travaux publics dans une petite ville de RFA. Il s’oppose rapidement à Schuckert, individu louche et cynique, spécialisé dans la spéculation immobilière. Entre eux, une femme, Lola.
Dans Lola, une femme allemande, Fassbinder s’inspire de deux œuvres mythiques, deux livres portés à l’écran par Josef von Sternberg et joués par une flamboyante Marlene Dietrich : Professeur Unrat d’Heinrich Mann et La Femme et le pantin de Pierre Louÿs. Rien que des histoires de déchéance, de corruption et de séduction par une femme désireuse de devenir respectable dans la bonne société de l’époque.
Barbara Sukowa incarne cette vamp magnifique, égarée dans la mesquinerie d’une province bourgeoise.

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Le Secret de Veronika Voss
RFA – 1981 – 1h44 – VO
avec Rosel Zech, Hilmar Thate, Cornelia Froboess, Annemarie Düringer.

Ours d’or, Festival de Berlin 1982
A Munich, en 1955, la rencontre entre Robert Krohn, chroniqueur sportif, et Veronika Voss, grande star de cinéma d’avant-guerre. Un rapport de fascination et de compassion s’instaure entre Robert et l’actrice déchue. Il découvre peu à peu que Veronika vit sous l’influence du Dr Katz, femme affable qui l’approvisionne en morphine dans sa clinique privée. Robert et sa femme Henriette conçoivent un plan pour faire tomber la doctoresse…
Veronika Voss représente la femme allemande comme une victime cachée sous le masque de la femme fatale. Victime des hommes, de la bonne moralité et de l’hypocrisie de la société son destin semble se confondre avec celui de l’Allemagne. Cette œuvre crépusculaire est sûrement la plus mélancolique de son auteur.

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    Lundi 27 août à 21h00